Touché de plein fouet par la crise sanitaire, Accor a accusé une perte nette massive de 1,5 milliard d’euros au premier semestre et va supprimer 1.000 emplois dans le cadre d’un plan d’économies, dont « 300 à 400 » en France.
Entre le confinement du printemps dernier et le couvre-feu imposé pendant au moins quatre semaines en région parisienne et dans huit métropoles, le PDG du groupe hôtelier français Accor n’est pas très optimiste sur l’avenir.
« Cet été nous étions à -40% par rapport à l’été de l’année dernière, en mars on était à -90% donc il y a eu un rebond de courte durée, du 1er juillet jusqu’au 4 septembre. Maintenant on est à -60% », a indiqué mardi 20 octobre Sébastien Bazin sur France inter. « Et puis ça ne va pas aller en s’arrangeant, avec le couvre-feu, dans les semaines qui sont devant nous » , a poursuivi le PDG d’Accor, qui compte quelque 5.000 hôtels dans le monde et des marques emblématiques comme Ibis, Sofitel, Novotel, Mercure ou Pullman.
Interrogé sur un éventuel rebond de l’activité pendant les vacances scolaires de la Toussaint, il a répondu : « On n’en sait fichtre rien parce que maintenant les gens réservent à 4 jours de leur départ. Mais ça ne va pas être très joli ».
Des mesures incohérentes dans l’Union européenne
En Europe, où Accor fait la moité de son chiffre d’affaires, « c’est la catastrophe », a estimé M. Bazin, pointant « une totale incohérence entre les mesures prises entre les Etats de l’Union : pour le voyageur c’est incompréhensible, donc il ne voyage pas ».
« Il est grand temps (…) qu’on mette une procédure commune entre les différents pays » afin de permettre de circuler entre eux, a-t-il dit. Si la Chine « est repartie exactement comme avant le Covid en l’espace de 9 mois » et les Etats-Unis « souffrent moins parce qu’ils ont 350 millions de clients dans un même territoire », « l’Europe est l’endroit où on souffre le plus, avec l’Amérique latine » , a-t-il dit.
Pour « se serrer les coudes » avec les restaurateurs français soumis au couvre-feu, les « propriétaires volontaires » du groupe vont leur proposer de « prendre possession de (leur) restaurant d’hôtel » en mettant « leur marque, leur identité, leur concept, leur menu, leur nappe à carreaux », a-t-il annoncé. » Ils vont accueillir leurs clients de quartier et faire en sorte que ces clients viennent faire dodo chez nous à un prix coûtant » afin de respecter le couvre-feu à 21h, ce qui donnera lieu à « un partage de marge », a expliqué M. Bazin.
Touché de plein fouet par la crise sanitaire, Accor a accusé une perte nette massive de 1,5 milliard d’euros au premier semestre et va supprimer 1.000 emplois dans le cadre d’un plan d’économies, dont « 300 à 400 » en France, a-t-il précisé mardi.
Hausse de la taxe sur les billets d’avion : ce qui va changer
La taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) revient avec un nouveau barème après plusieurs rebondissements politiques.
Un retour controversé
Après avoir été suspendue lors de la motion de censure, la hausse de la TSBA fait son retour dans le budget 2025, qui sera présenté le 3 février. Initialement, Air France et d’autres compagnies avaient anticipé une hausse importante, mais le Sénat avait ensuite ajusté les montants avant que le gouvernement ne soit renversé.
Les nouveaux tarifs
L’augmentation s’appliquera à tous les vols au départ de France.
Les compagnies aériennes devront verser cette taxe pour tout voyage effectué à partir du 1er janvier 2025, même pour les billets émis avant le vote de la loi.
Voici un tableau comparatif des montants de la taxe :
Destination
Classe
Ancien montant
Nouveau montant
Europe et France
Économique
2,63 €
7,40 €
Europe et France
Affaires
20,27 €
30 €
Intermédiaire
Économique
7,51 €
15 €
Longue distance
Économique
7,51 €
40 €
Longue distance
Affaires
63,07 €
120 €
Des questions en suspens
Les professionnels du voyage s’inquiètent des changements de dernière minute et des remboursements du trop-perçu par les compagnies. Par ailleurs, l’Europe pourrait contester l’exonération pour l’Outre-Mer et la Corse.
Avec cette hausse, l’État espère récupérer 800 à 850 millions d’euros, tout en accordant un crédit d’impôt pour l’achat de carburants durables. Reste à voir comment les compagnies et les voyageurs réagiront.
Christian Estrosi signe son arrêté contre les bateaux de croisière
Le maire de Nice et président de la Métropole, Christian Estrosi, annonce (article Nice-Matin du 24/01/2025) qu’il signera ce vendredi un arrêté interdisant le débarquement et l’embarquement des bateaux de croisière de plus de 900 passagers dans les gares maritimes de la Métropole.
Une interdiction qui fait débat
Lors de ses vœux, Christian Estrosi avait surpris en annonçant vouloir bannir les plus gros navires dès cet été. Son objectif : lutter contre le sur-tourisme et la pollution engendrée par ces « hôtels flottants ».
« Je ne veux pas que des bateaux qui polluent et dont les passagers ne consomment rien, mais laissent leurs déchets, viennent à Nice. On a empêché le béton d’étouffer la ville, ce n’est pas pour laisser le sur-tourisme prendre le relais. »
Si cette décision est saluée par l’opposition écologiste, elle prend de court Villefranche-sur-Mer, principal port concerné. Son maire, Christophe Trojani, affirme n’avoir pas été informé de cette mesure qui pourrait lourdement impacter l’économie locale.
Une application encore floue
La Métropole ne peut pas interdire les bateaux de mouiller dans la rade, compétence relevant de l’État. En revanche, elle contrôle l’accès à la gare maritime de Villefranche, et c’est là qu’elle compte agir.
« Si les croisiéristes ne peuvent plus débarquer, les compagnies seront dissuadées de s’arrêter ici. »
Reste à voir si tous les maires du littoral suivront cette initiative, qui divise déjà élus et acteurs du tourisme.
Les 7 mesures proposées par le maire de Nice pour réduire les locations saisonnières de « 50% minimum »
D’après le journal Nice-Matin, le maire de Nice, Christian Estrosi, souhaite renforcer les restrictions sur les locations saisonnières. Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 14 novembre, il a dévoilé sept nouvelles mesures visant à réduire de « 50% minimum » le nombre de logements proposés sur des plateformes comme Airbnb.
Déjà connue pour son engagement dans la régulation des locations saisonnières, Nice entend s’appuyer sur la récente loi « anti-Airbnb », adoptée le 7 novembre, pour aller encore plus loin dans cette lutte.
Christian Estrosi a rappelé son objectif de mettre en place une réglementation stricte afin de préserver l’accès des habitants à des logements de longue durée. Ce nouveau plan repose sur une étude d’impact réalisée par la Métropole Nice Côte d’Azur, incluant une cartographie détaillée des quartiers.
« Je ne souhaite pas interdire les meublés touristiques mais éviter qu’ils submergent la ville. Mon but n’est pas de pénaliser les particuliers qui louent une chambre pour compléter leurs revenus, mais de contrer les entreprises qui monopolisent un bien commun essentiel pour les Niçois », a-t-il précisé.
Les 7 mesures envisagées :
Quotas par quartier : Les propriétaires dépassant ces quotas devront compenser en transformant un local de surface équivalente en logement.
Durée des autorisations réduite : Les autorisations temporaires seraient ramenées de six à cinq ans.
Réduction du nombre de jours autorisés : Les résidences principales ne pourraient plus être louées plus de 90 jours par an, contre 120 actuellement.
Maintien des dispositifs dérogatoires : Le modèle mixte, permettant une location touristique estivale et un usage étudiant le reste de l’année, serait conservé.
Documents obligatoires pour les propriétaires : Fourniture d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) conforme et d’une attestation sur l’honneur du respect du règlement de copropriété lors de la demande de changement d’usage.
Amendes renforcées : Des sanctions administratives pouvant atteindre 20 000 euros, avec des majorations en cas de récidive.
Zones spécifiques dans le PLU : Création de secteurs limitant les locations saisonnières aux seules résidences principales via le Plan Local d’Urbanisme.
Ces mesures visent à contenir l’impact des locations touristiques sur le marché immobilier local et à préserver l’équilibre entre tourisme et qualité de vie des résidents permanents.
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